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Découvrez les critiques des jeunes au Festival d’Avignon 2026 !

🎭 Les critiques théâtrales de la saison 2026/2027

Du 10 au 13 juillet dernier, dix jeunes Ambassadeurs et membres du Scène Club du pass Culture se sont retrouvés à l’occasion du Festival d’Avignon. Événement phare du spectacle vivant contemporain, cette immersion a été l’occasion parfaite pour analyser les œuvres et rédiger des critiques théâtrales pour le début de la saison 2026/2027 ! ✍️

Retrouvez une sélection de leurs plus belles réflexions et leurs coups de cœur :

"Maldoror", par Julien Gosselin

Arnaud :

Divisé en trois parties, le spectacle nous entraîne progressivement dans différentes représentations du mal. (...) Entre démence et sang-froid, Gosselin cherche moins à expliquer le criminel qu’à nous confronter à son incompréhensible réalité.

La scène, en constante évolution, semble traversée par un tremblement auquel le spectateur doit s’abandonner.(...)

(...) la recherche de la fabrique du mal devient progressivement plus poétique et sensorielle. Historique, politique, individuel, absurde ou mystique, il prend constamment de nouvelles formes. La mise en scène reflète elle-même cette complexité : fragmentée, excessive et parfois déroutante, elle nous oblige à perdre nos repères pour mieux nous confronter à ce que nous ne pouvons pas entièrement comprendre.

Retrouvez l'intégralité de la critique d'Arnaud ici 👈

Rosalie :

(...) le spectacle mélange les arts cinématographique et théâtral pour incarner une tragédie chilienne des années 70 dans un cercle d’étudiants en littérature, ne se déroulant pas toujours sous nos yeux…

C’est avec un sac rempli de provisions, d’eau et de tissus chauds que je vous recommande d’aller voir la pièce Maldoror. (...) Dans un monde actuel qui voit les guerres exploser, l’inquiétude monter et l’extrême droite gagner en puissance, ce thème se prête aux enjeux contemporains et accapare l’attention du spectateur auquel il est donné à voir ce qui le dérange, l’effraie et qu’il redoute.

(...) en tant qu’amatrice de gothique, fantastique et arts horrifiques en tout genre, j’ai absolument adoré être prise en étau dans cette cour, et aurait même souhaité en voir davantage, me faire attaquer par tous les côtés, vivre une expérience horrifique dépassant le psychologique (...).

Retrouvez l'intégralité de la critique de Rosalie ici 👈

Justin :

Dix ans après son adaptation de 2666 au Festival d’Avignon, Julien Gosselin retrouve Roberto Bolaño et fait dialoguer l’écrivain chilien avec un grand poète du XIXe siècle : Lautréamont. (...) Une réelle prouesse technique que j’aimerais saluer ici. C’est compliqué de faire un film, c’est compliqué de faire un spectacle, mais faire les deux en même temps relève de l'impossible, et Julien Gosselin l’a fait.

(...) J’en ai pris plein les yeux et cette partie nous montre bien que “Maldoror” n’est pas qu’un spectacle mais bien une expérience à part entière. (...) En bref, “Maldoror” est un spectacle à la croisée du théâtre et du cinéma dans lequel Julien Gosselin poursuit son travail sur la littérature. (...) Faisant preuve d’une grande prouesse technique, ce spectacle est une réelle expérience qui va au-delà de la performance. (...) Cependant, la durée de 5h et les nombreux effets visuels peuvent détourner l’attention et rendre l’histoire incompréhensible.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Justin ici 👈

« Maldoror », mise en scène de Julien Gosselin dans la Cour d’honneur du Palais des papes, à l’occasion du 80e Festival d’Avignon. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

"Maldoror", mise en scène de Julien Gosselin dans la Cour d’honneur du Palais des papes, à l’occasion du 80e Festival d’Avignon. © Christophe Raynaud de Lage

"La Parabole du Seum ", de Rébecca Chaillon :

Clémence :

La metteuse en scène Rébecca Chaillon, avec sa troupe, traite d’un sujet d’actualité : la grossophobie. (...)

Pour mettre les spectateurs dans le vif du sujet, le spectacle débute par une session de pesées de spectateurs volontaires. Une situation vécue généralement dans son intimité est d’un seul coup partagée à l’ensemble de la salle.

L’objectif : changer les regards sur les corps gros et les faire admettre beaux et puissants, dans une société où chaque bout de graisse est perçu comme une perte de contrôle sur sa santé. Tel est le défi de la troupe durant ces 2h30 de spectacle.

(...) le “j’aime” ou “je n’aime pas” n’est pas une possibilité à la sortie de ce spectacle : il casse trop de codes pour en sortir désintéressé et ne pas vouloir s’y impliquer. Le spectacle est généreux à tous les points de vue, il donne à voir et à manger aux spectateurs.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Clémence ici 👈


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"La Parabole du Seum", Rébecca Chaillon, 2026 © Christophe Raynaud de Lage


"Un Procès après l'ennemi du peuple", de Christiane Jatahy

Clara :

Cette pièce, essentiellement en langue portugaise mais aussi française et anglaise, semble se dérouler plus vite que sa durée de 2h15, sans doute grâce au fait qu’elle soit très interactive avec le public et qu’elle brise régulièrement le quatrième mur.

L’histoire inventée par Christiane Jatahy et Wagner Moura, est une sorte de suite à la pièce datant de 1882 Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen. (...) le sujet de la pièce recouvre des enjeux politiques, économiques et éthiques. L’économie d’une ville peut-elle passer avant la santé de ses habitants ? Et un homme peut-il être considéré comme un ennemi du peuple pour avoir dénoncé ces faits ?

Nous sommes installés sur nos fauteuils rouges confortables lorsque 11 spectateurs sont appelés à rejoindre le plateau et à s’asseoir en fond de scène pour prendre le rôle des jurés. (...) La reconstitution est maintenant complète et le procès peut démarrer.

Cette pièce pourrait être décrite comme étant à la frontière du théâtre et du cinéma. (...) Aussi, le jeu de Wagner Moura est éblouissant tant il parvient à nous faire parvenir ses émotions.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Clara ici 👈


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"Un Procès après l'ennemi du peuple", Christiane Jatahy, 2026 © Christophe Raynaud de Lage


"Le Conte d’hiver", de Sandrine Anglade :

Justin :

Chef d’œuvre shakespearien captivant, “Le Conte d’hiver” juxtapose et entremêle de façon prodigieuse la tragédie la plus sombre et la comédie la plus lumineuse.

Dans ma tête, les pièces de ce genre riment souvent avec l'incompréhension du schéma narratif dû au niveau de langue élevé ou aux situations trop complexes avec un grand nombre de personnages. (...)

(...) C’est la première fois que je ressens ça vis à vis d’une pièce de Shakespeare et c'est appréciable. Cette forte accessibilité donne tout son charme au spectacle.

(...) Malgré un langage précieux présent dans la pièce originale, les artistes savent très bien jongler entre langage soutenu et actuel, rendant le spectacle à la fois en accord avec les codes classiques et contemporains.

(...) Les rythmes de jeu sont très bien balancés ce qui donne un réel relief au spectacle. (...) Les acteur·ice·s et les décors sont somptueux et rayonnent au-delà de la scène.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Justin ici 👈



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"Un Conte d'hiver", Sandrine Langlade, 2026 © Nadège Le Lezec

"Merci d’être là", d'Alexander Devriendt :

Noam :

Le spectacle, d’une durée d’environ 1h15, passe comme une flèche, notamment parce qu’on ne sait pas quand il commence réellement ni quand il finit. (...)

(...) La troupe est constituée de six artistes qui jonglent entre l’incarnation de membres du public, le rôle de caméraman et la voix off. Ils jouent avec énergie différents rôles et arrivent à se fondre parfois littéralement dans le public pour laisser la place au véritable acteur principal : le spectateur.

Ce moment nous permet également de nous reconnecter avec notre humanité, en prenant le temps d’écouter des spectateurs parler pendant plusieurs minutes ou même de les regarder, sans jugement, action simple en apparence mais qui me semble de plus en plus négligée ces derniers temps.

(...) Merci d’être là constitue une ode au public et au spectacle interactif où il n’y a rien à faire si ce n’est se laisser surprendre par les différents blocs qui finissent par s’aligner entre eux, nous offrant une expérience rare qui reste gravée dans la mémoire.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Noam ici 👈


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"Merci d'être là", Alexander Devriendt, ©Ontroerend Goed rend hommage au public. © Kurt Van der Elst / Festival d'Avignon

"La prochaine fois que tu mordras la poussière" , de Paul Pascot

Rosalie :

Quatre fois, c’est le nombre de fois où je me suis mise à pleurer dans la salle du Théâtre des Halles à Avignon où la pièce était jouée après plus de 100 représentations. Et pour cause, la performance exceptionnelle de Roméo Mariani(...).

(...) d’un fou rire joyeux à la tragédie des pensées suicidaires, en passant par l’amour inconditionnel que peut éprouver un humain envers la vie et nos proches qui lui donnent un sens. (...) L’expression des émotions est totale et encouragée tant envers les personnages incarnés jusqu’au bout des ongles qu’envers le public puisque comme le dit Panayotis Pascot dès les premiers instants de la pièce : “Pleurer, c’est jouir des sentiments”. Ainsi, libérons-nous de nos émotions !

Tantôt avec humour, tantôt avec tendresse ou désespoir, (...) la musique et les décors mouvants épousent, nous plongeant dans des atmosphères opposées

Somme toute, cette pièce fait partie de mes coups de cœur (...) grâce à cette combinaison, à mon sens parfaite et justifiée, d’éléments.

Retrouvez l'intégralité de la critique de Rosalie ici 👈


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Vassili Schneider dans La prochaine fois que tu mordras la poussière © Christophe Raynaud de Lage

"Les paillettes de leur vie", de Mickaël Délis

Zoé :

La pièce de théâtre “Les Paillettes de leur vie” ou “la paix déménage” se trouve être le dernier volet de la trilogie du Troisième Type. (...) Durant 1h15, il met en avant un sujet surprenant et déroutant : le sperme, et plus précisément l'utilité de son don. (...)

Un aspect politique et engagé est identifiable dans la pièce, ce qui lui donne une profondeur supplémentaire à mon sens. (...) Cela s’articule notamment autour de la critique plus ou moins subtile des figures masculines et du patriarcat.

(...) En nous faisant côtoyer les aspects les plus sombres et douloureux de nos existences, notamment le deuil, il arrive à nous faire voir toute la beauté de la vie et à nous faire comprendre également pourquoi certaines personnes souhaitent aussi profondément la donner. (...)

Véritable coup de cœur, je pense qu’il serait plus qu’enrichissant pour tout à chacun de voir au moins une fois cette pièce si l’on en a l’occasion. (...)

Retrouvez l'intégralité de la critique de Zoé ici 👈


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Les paillettes de leur vie, Mickaël Dévis, © Marie Charbonier

"Festin", d'Aymeric Desjardin

Rodrigue :

Le spectacle d’improvisation « Le Festin » de la compagnie de l’Esquive nous fait vivre une tragédie brillamment construite. Il ne met en scène que cinq comédiens assis autour d’une table, avec comme seul scénario un repas de famille dégénérant à cause d’une affaire d’inceste. Qui est la victime ? Qui est l’agresseur ? Personne ne le sait avant que la scène ne débute, pas même ceux qui l’incarnent.

Seul le jeu des comédiens compte, ce qui, pour un récit dramatique aussi lourd, demande une finesse de jeu parfaite (...).

Ce spectacle parle des problématiques des violences sexuelles avec une justesse qui ne se remarque que de l’extérieur : par les non-dits, les remarques passives-agressives, des détails qui, d’un œil extérieur, ne semblent être rien d’autre que des détails. (...) Le public est ici confronté à la banalité du mal, et à quel point les pires horreurs peuvent être infligées à n’importe qui, qu’importe le contexte. Les comédiens n’ont ici pas peur d’être crus (...).

Retrouvez l'intégralité de la critique de Rodrigue ici 👈

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Festin, Aymeric Desjardins, © Charlotte Ménière.

"Pourquoi les gens qui sèment ?", de Sébastien Bizeau

Marine :

Sébastien Bizeau a créé cette compagnie en 2022 dans le but de faire des pièces engagées, reflets de la société dans laquelle nous vivons. Après son premier succès « Heureux les orphelins » en 2022, la compagnie Hors du temps s’est vu attribuer le prix coup de cœur du club de la presse du festival off 2025 d’Avignon avec ce travail « Pourquoi les gens qui sèment ? » repris au festival off 2026 d’Avignon.

Bien que le texte de « Pourquoi les gens qui sèment ? » soit original, il puise sa source dans les codes moraux des personnages d’Antigone de Jean Anouilh. En effet, en s’appuyant (...) sur l’actualité politique et écologique, Sébastien Bizeau a réussi à créer une pièce qui pousse le spectateur à réfléchir sur sa propre conscience.

Dans cette pièce, il y a 23 personnages très bien joués par 4 comédiens. (...)

Une histoire d’amour complexe, liée au conflit politique, adoucit le côté critique de la pièce, sans effacer la cause écologique soutenue par les militants. (...)

Retrouvez l'intégralité de la critique de Marine ici 👈



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Pourquoi les gens qui sèment ?, Sébastien Bizeau, ©️Roxana Albu-Mercié

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